CLEFMONT

le village de Clefmont

Clefmont, Clarus Mons, village élevé sur le penchant d'une montagne, d'où la vue s'étend au loin jusqu'à Langres et aux Vosges et même jusqu'aux montagnes de la suisse, comptant au sommet du pavillon de la porte du château 490 mètres d'élévation, et au sol de la cour 478 mètres au dessus du niveau de la mer, dépendait de la généralité de Champagne, de l'élection de Langres, du baillage de Chaumont et de la prévôté de Nogent. La seigneurie qui avait le titre de comté, relevait du domaine royal de Nogent-le-Roi. Le château qui était en ruine à l'époque de la révolution et qui néanmoins conserve encore de nos jours des restes imposants de sa grandeur passée, fût construit à la fin du X e ou au commencement du XI e siècle, et a donné naissance au village. C'était un château fort, entouré de fossés taillés dans le roc ; à son entrée se voyait un portail très élevé, surmontés de deux tours rondes, construites en pierres de taille avec pont-levis et triple porte ; mais vers 1632 ce château a été en partie consumé par un incendie dont on aperçoit encore les traces. Le premier seigneur connu est Simon I ier, qui vivait dans la seconde moitié du XI e siècle. Les seigneurs de Clefmont étaient au moyen-âge les plus considérables du Bassigny. Ils firent un grand nombre de donations aux maisons religieuses ; ainsi ils fondèrent ou contribuèrent à fonder par leurs largesses les abbayes de Morimond, de La Crête et de Belfays, la commanderie d'Esnouveaux, le prieuré de Clefmont, etc. C'est pourquoi leurs successeurs avaient le droit de garde-gardienne de ces maisons, en cas de vacance du titulaire. Cependant, l'un de ces seigneurs, Simon V, personnage guerroyeur, fut deux fois excommunié, la seconde pour avoir, en 1233, accueilli dans son château le chevalier André de Nogent, qui avait dilapidé les terres du chapitre de Langres, et retenu prisonnier plusieurs hommes d'église. Simon VI, son fils et son successeur, donna en 1248, aux habitants de Clefmont une charte d'affranchissement, avec l'approbation de Jeanne, sa femme, d'Eude et de Guy ses frères et de huit vassaux, savoir : Huardde Provenchère, Roger-le-Grand de Maisoncelles, Thibaut de Romain, Gilbert dit le Pauvre-homme, Simon de Perusse, Aubry du Ham, Simon de Récécourt et Etienne de Latrecey. Cette charte d'ailleurs assez libérale, est entachée de barbarie en plusieurs points. Ainsi l'on y condamne celui qui ne restitue pas le dommage fait au prochain, à avoir une oreille coupée, celui qui se sert de fausses mesures, à avoir les mains coupées, etc. Les habitants affranchis élisaient un maire et les échevins. Les principales localités relevant de la seigneurie de Clefmont, étaient : Audeloncourt, Perrusse, Maisoncelles, Romain sur Meuse, Buxières, Cuves, Consigny, Forcey, Esnouveaux, Epinant et Morimond. Le seigneur avait toute justice sur les terres de son ressort. A Clefmont, la justice seigneuriale était exercée en 1688 par un bailli, un lieutenant, un garde-justice, un procureur fiscal, un greffier et six sergents. Il y avait aussi pour dresser les contrats, plusieurs notaires ou tabellions. La prison se trouvait dans la cour du château, et les signes patibulaires de la justice étaient élevés sur quatre piliers de pierre, en la butte de Rochebrune.
le château de Clefmont En 1395, par le mariage de Raoline de Clefmont avec Girard de Choiseul, la seigneurie passa à la branche Choiseul-Clefmont, puis au commencement du XVII e siècle, par un nouveau mariage, à la maison d'Achey, et peu après par une troisième alliance à la famille Rouxel de Médavy de Grancey. Ensuite, par de nouvelles alliances le domaine passa au marquis du Châtelet, puis au marquis de Fervaques et en dernier lieu à la vicomtesse de Laval-Boulogne qui le possédait à l'époque de la révolution. - L'église, telle qu'on la voit encore aujourd'hui, du style roman, dut être construite à la fin du XII e siècle, peu d'années après la canonisation de St Thiebaut, auquel elle est dédiée. Cette église du doyenné d'Is, était le siège d'une cure à la collation du prieur du lieu, avec Audeloncourt pour succursale. Elle était à la fois priorale et paroissiale; mais le prieur, gardant le titre de curé primitif, n'y mettait qu'un vicaire perpétuel, communément appelé curé. Dès le XI e siècle, conséquemment avant la fondation de l'église actuelle, Clefmont possédait une église paroissiale qui en 1092, fut donnée par l'évêque Robert de Bourgogne à l'abbaye Sainte Bénigne de Dijon. C'était probablement la chapelle même du château, servant primitivement d'église paroissiale. Mais peu après, lors de la fondation du prieuré, l'abbaye de Luxeuil ayant été choisie pour le desservir, les moines de Sainte Benigne ont du laisser la place à ceux de Luxeuil. Après le Concordat de 1802, l'église de Clefmont resta une simple succursale de d'Audeloncourt jusqu'en 1852 où elle fut à nouveau érigée en paroisse curiale. On y remarque plusieurs tombeaux des seigneurs et des curés, entre autre celle d'un guerrier représenté les mains jointes, ayant un lion à ses pieds et un sabre à son côté. La commune de Clefmont qui est chef lieu de canton sous le rapport civil, possède une école de filles qu'elle à fondée en 1835 et confiée aux soeurs de Portieux. Nous mentionnerons en finissant la chapelle castrale, l'ermitage et la Maison-Dieu de Clefmont avec les prêtres nés en cette paroisse.
   1-LA CHAPELLE CASTRALE. Le château avait jadis une chapelle, dédiée à sainte Catherine et dont on voit encore les restes du genre gothique. En 1520, François de Choiseul, écuyer, seigneur de Clefmont, la donna à Jean de Joncourt ou Jaucourt pour lui servir de titre clérical, à l'effet d'être promu aux ordres sacrés.
   1-ERMITAGE. Sur le territoire de Clefmont se voyait anciennement un ermitage sous le vocable de Notre Dame de Lorette, auprès d'un arbre antique et plusieurs fois séculaire, dit l'arbre de la chapelle.
   3-L'HOPITAL. L'hôpital ou la Maison Dieu de Clefmont appartenait aux seigneurs du lieu qui l'avaient fondé et qui en était collateurs. Cet établissement avait jadis un chapelain, comme on, le voit dans un acte de 1658.

retour